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Intervention de Ghassan Moukheiber A la table ronde relative au livre de Leila Barakat « Penser l’Etat »

 

Il se considère comme le fruit d’une multitude de hasards. Ghassan Moukheiber l’appelle le destin ou Dieu, selon l’endroit où l’on se place. Fortement influencé par son père et son oncle, l’ancien député Albert Moukheiber, Ghassan est né dans une famille qui respire la politique dès les premières heures de la journée jusque tard dans la nuit. «Mon oncle a toujours vécu avec nous, bien avant ma naissance. J’avais deux pères, tous les deux engagés dans le service et la politique. Mon père assurait les services administratifs et mon oncle le service médical. Il a toujours soigné les gens gratuitement», confie Moukheiber. C’est surtout de son oncle qu’il a appris le respect et l’amour des gens, surtout des pauvres. «Mon oncle était ému et horripilé par la pauvreté. C’est le sentiment que j’ai aussi. L’injustice me révolte, ainsi que la pauvreté et la faiblesse. C’était pareil pour mon père et mon oncle. Ils ont travaillé gratuitement et se sont appauvris en faisant la politique. Ces valeurs-là, on les apprend à la maison. Aucun livre ne peut vous les inculquer», estime le député du Metn.
Ses amis d’enfance se souviennent encore qu’il aimait beaucoup argumenter. Il répétait depuis son plus jeune âge qu’il voulait être avocat, en clamant haut et fort qu’il ne fera pas de politique. «Je percevais la vie publique de mon père et de mon oncle comme un vol. Il y avait toujours du monde à la maison. Même pour aller faire ma toilette le matin, je devais traverser en pyjama toute une foule. Pourtant, la politique m’a rattrapé», se souvient Ghassan Moukheiber. Avec tendresse, il parle de sa mère qui a le plus souffert de cette situation. «Elle faisait la cuisine pour tout le monde et ne savait jamais combien de personnes il y aurait à table. Elle nous a toujours protégés, mes frères et moi. Pour réviser nos leçons, on était enfermé dans une petite chambre», dit-il.
L’amour des gens
L’amour des gens et le souci de l’autre se sont développés dans le scoutisme, une période qui a beaucoup marqué Ghassan Moukheiber. «Au garçon timide et renfermé que j’étais, le scoutisme a donné une grande ouverture». Dans la prière des Scouts, il tire sa force et considère sa vie politique «comme un engagement pour le service». Il cite cette prière qu’il répète dans les moments difficiles. «Seigneur Jésus, apprenez-nous à être généreux, à Vous servir comme Vous le méritez, à donner sans compter, à combattre sans souci des blessures, à travailler sans chercher le repos, à nous dépenser sans attendre d’autres récompenses que celle de savoir que nous faisons Votre sainte volonté». Par la suite, son activité au sein de la Croix-Rouge ainsi que le scoutisme lui ont permis de servir sans pour autant s’engager dans une milice, chose que ni son père ni son oncle ne souhaitaient. Elève de la Mission laïque française, comme son père et son oncle avant lui, il a toujours été sensible aux valeurs de la République française. La fréquentation d’une école laïque et mixte où se côtoyaient musulmans, chrétiens et juifs a fait de lui «un croyant laïque», comme il se décrit. A l’Université Saint-Joseph, il fait des études de Droit et poursuit un LLM à Harvard. «Je savais ce que je voulais être et ensuite je me suis engagé en politique comme l’on s’engage dans un apostolat», affirme Moukheiber. C’est pendant les années de guerre qu’il fait ses études. «Nous étions sur une ligne de front et j’étais toujours frappé par l’idée d’étudier le Droit constitutionnel et les libertés publiques, alors que l’Etat était démembré, les libertés bafouées et les bombes explosaient sous notre fenêtre», confie le député. Malgré ce qu’il appelle la schizophrénie de cet enseignement, Ghassan Moukheiber estime qu’il ne faut pas craindre d’avoir un idéal. Il se souvient encore d’un sujet de dissertation au Lycée où l’on devait analyser la phrase: Soyons réalistes! Exigeons l’impossible. «Ce dicton est l’histoire de ma vie. Il m’a beaucoup marqué. Je suis idéaliste parce que je suis réaliste», affirme Moukheiber. Il estime qu’on ne peut pas travailler en politique si l’on perd de vue ce principe. «Je compare mon attitude à un éboueur: la politique est sale mais je suis là pour faire le ménage. On ne peut pas faire le ménage si l’on est dégoûté par la saleté», dit Ghassan Moukheiber.
 
Jaloux de son indépendance
Très jaloux de son indépendance politique, il considère le Courant patriotique libre son allié électoral et politique car, dit-il, nous partageons le projet de l’édification d’un Etat souverain, démocratique et indépendant, la lutte contre la corruption, et la laïcité. «Il est certain que nous avons des modes d’expression différentes, mais je trouve cela parfaitement normal dans une démocratie, au sein d’un même groupe parlementaire, pour rendre plus efficace l’action de ses membres. D’ailleurs ce groupe compte une multitude de partis comme le Tachnag, les Marada et d’autres personnalités indépendantes», explique le député du Metn. Il dit avoir toujours œuvré pour être un pont qui rapproche autant que possible les personnes et groupes politiques en apparence divergents. Dans cet esprit, il avait organisé la rencontre entre le général Michel Aoun et Saad Hariri à Paris, en 2008. Il avait aussi organisé en 2007-2008 un groupe de dialogue à l’intérieur même du Parlement, pour maximiser les ententes et minimiser les désaccords. «Je crois à la valeur du dialogue, mais pas celui des sourds évidemment», dit-il ironiquement. Pour lui, c’est le seul moyen de survie du Liban. «Il faut développer les institutions de dialogue tel que le Parlement et identifier les différences de manière à les gérer ou les dépasser», estime Ghassan Moukheiber. D’ailleurs, il a enseigné pendant plus de quinze ans le dialogue et la médiation, matières qu’il a étudiées aux Etats-Unis.
A 53 ans, le député du Metn est toujours célibataire. Si certains prétendent qu’il copie l’exemple de son oncle, pour lui, il en est tout à fait autrement. «Je n’imite pas mon oncle. Au contraire, je ne me souviens que trop bien de ses dernières paroles, quand on l’a emmené à l’hôpital. Il m’a dit : ‘‘ne fais pas comme moi, va te marier’’», se souvient Ghassan Moukheiber. Il n’a pas pris la décision de rester célibataire, bien au contraire, il a la ferme intention de se marier et d’avoir des enfants. «A être trop idéaliste, on devient aussi idéaliste en matière de femmes. Mais le temps coule et je la prends trop cool», dit-il en souriant. Quoiqu’il ait connu de grandes amours, il est trop pris par ses nombreuses activités. «Une relation est un engagement qu’il faut prendre au sérieux. Je suis ouvert à toute relation et prêt à investir le temps nécessaire mais je suis déjà marié à la politique qui est une femme très exigeante. Il faut que la femme avec qui je me marierai accepte cette bigamie et partage avec moi mes nombreuses activités», confie Moukheiber. Il croit fermement au travail d’équipe et c’est la raison pour laquelle il a fondé plusieurs associations concernant chaque domaine auquel il s’est intéressé: l’environnement, les droits de l’homme, la démocratie des élections, la corruption. «On ne peut rien faire tout seul. Même dans l’action politique, je crois en la collaboration entre la société civile et les hommes politiques», affirme le député. Ce qui lui fait dire en parodiant Clemenceau: La politique est une chose trop grave pour être confiée aux politiciens seuls… Joëlle Seif
 
Un bureau personnalisé
Généralement, les bureaux des députés, place de l’Etoile, sont d’une banalité désolante. Mais en arrivant chez Ghassan Moukheiber, on est sur le champ séduit par l’atmosphère chaleureuse et accueillante de son bureau. Très personnalisé, il porte la touche personnelle de son occupant. Des objets rapportés de ses nombreux voyages, des tableaux illustrant des thèmes chers à son cœur, des croix… «Je passe trop de temps ici et j’ai besoin de me retrouver dans un cadre agréable», confie Moukheiber. Une lithographie faite à la main représentant la déclaration des droits de l’homme offerte par Ghassan Tueni, des masques africains, des statues… Sur un mur est accroché le fameux J’accuse d’Emile Zola, publié dans le journal L’Aurore. Un tableau montre l’image qui a fait le tour du monde, montrant un homme seul debout devant les chars à Tian An Men, prise le 5 juin 1989. «Je me retrouve dans cet homme. Il faut avoir le courage de ses opinions même si elles sont solitaires. Ne pas avoir peur de dire ce que l’on pense même si on est le seul à le dire», dit-il.
 
Ce qu’il en pense
-Ses loisirs: «J’ai presque tout fait dans ma vie. Le football, le hiking, les échecs, l’astronomie, la sculpture, la musique, le chant, la lecture… J’avais même fabriqué mon premier télescope et j’ai été un élève du conservatoire».
-Facebook: «J’utilise copieusement Facebook qui reste le plus gros moyen de communication. Je gère mon compte personnellement entre 11 heures du soir et une heure du matin et je réponds à tous les messages. J’ai d’ailleurs deux comptes avec plus de 5000 amis chacun. J’aime être en contact avec les gens. Je suis très branché côté technologie et j’ai été un des premiers à utiliser le notebook».
-Sa devise: «C’est pour que tu t’élèves qu’on t’a fait exister. D’ailleurs, je l’ai inscrite sur une photo que j’ai prise et développée moi-même et que j’ai fait encadrer. Cela représente le besoin de toujours se dépasser, de se construire soi-même en construisant l’Etat».

 

Excellences, Mesdames Messieurs,
 
C’est avec un réel plaisir, que j’ai accepte la tache de présenter devant vous quelques réflexions sur l’excellent ouvrage de Leila Barakat qui nous rassemble aujourd’hui, intitule « Penser l’Etat ».
 
Cet essai de politique, ou le lyrisme littéraire dialogue avec la science politique, au goût – amer - de la triste réalité Libanaise, nous tombe, (nous citoyens, journalistes, ou politiciens), comme la question du petit prince d’Antoine de Saint-Exupéry débarquant d’une autre planète et qui demande a l’aviateur occupé a réparer le moteur de son avion: dessine moi un mouton ! … dessine moi un Etat, rêvons ou pensons, qu’importe, l’état démocratique au Liban.
 
 
Rêver, penser, bâtir : quelle fraîcheur que de se voir entraîner insensiblement au gré des pages et des thèmes (aux titres d’ailleurs joliment choisis), des afflictions politiques libanaises, au rêve de l’état idéal, a la pensée nécessaire pour la réussite de toute action politique, aux suggestions d’actions pour la construction de l’état démocratique au Liban.
 
D’une lecture facile et attachante, émaille de citations (lesquelles d’ailleurs militent et défendent le choix du Français), didactique et convaincant, ce livre me parait comme une incitation a la reforme, addresse a un lecteur citoyen qui se voit pousse a l’action, comme on pousse a la révolte ; au style souvent passionne, qui véhicule une intense dose d’optimisme, même que parfois pointe une certaine lassitude, qui reflète peut être un peu la grande dépression politique « Ihbat » du Libanais moyen, politiciens compris ; au point ou l’auteur n’hésite pas a décrire elle-même son livre de « testament de jeune fille » écrit pour consolation.
 
Mais une chose en rappelant une autre, la mort se retrouve au détour de plusieurs phrases : non seulement celle qui accompagne les affres des guerres, mais aussi la mort qui marque le passage d’une action a l’autre, celle qui brise les destinées prometteuses, celle qui débarrasse les inutiles et celle qui immortalise les grands.
 
Leila Barakat nous livre sa réflexion sur une multiplicité de thèmes, qui incitent le lecteur à repenser la démocratie dans le contexte du Liban. Mes collègues m’ayant déjà précède a en relever et commenter certains, permettez moi a mon tour de vous livrer mon propre écho de certains thèmes qui m’ont particulièrement interpelle :
 
 
 
L’Etat  comme espace public de la démocratie :
Leila Barakat a intitule son livre « penser l’Etat » mais il me semble qu’elle développe surtout le thème de la démocratie, car en effet, cette dernière qualité devient pratiquement indissociable du concept de l’Etat, au point ou l’on ne peut pratiquement plus mélanger les mots Etat et dictature, (bien qu’il en reste hélas plusieurs de par le monde). D’ailleurs, Etat démocratique est des mots qui riment si bien ensemble.
 
On se plairait aussi à rappeler le terme de République, du nom officiel de la République Libanaise, la Res Publica, littéralement la chose publique, pour souligner aussi combien de nos jours, le public de l’Etat et le prive de certains politiciens et affairistes, se trouvent dangereusement mélanges.
 
On se plairait a souligner aussi l’usage interchangeable que l’on fait au Liban des mots Etat et gouvernement ; puisqu’en arabe, on réclame toujours a l’Etat – la Daulat – plutôt qu’au gouvernement, au parlement ou a la justice. Je crois qu’au delà de la pure sémantique, c’est un acte d’appropriation citoyenne de l’Etat, espace publique, que de rappeler aux citoyens que l’Etat, c’est aussi en partie eux-mêmes. Rappeler la définition simple de l’Etat, le Status, communément défini comme « une collectivité qui se compose d’un territoire et d’une population soumis à un pouvoir politique organise ».
 
Permettez-moi pour clore mes reflations sur ce thème qui rappelle les trois branches de ce pouvoir organise que sont le législatif, l’exécutif et le judiciaire, de dire que les deux derniers attirent sans doute de plus en plus l’attention des analystes réformateurs, alors que le premier, le législatif, semble toujours échapper aux programmes de reforme. Il faudrait toujours rappeler combien est déficient le rôle que devrait jouer notre parlement dans le contrôle de l’exécutif -- et même de législation -- , et combien il a besoin d’un sérieux chantier de reforme, particulièrement de son règlement intérieur.
 
 
Etat unitaire ou pluriel :
Le nouveau Préambule de la Constitution (al. A) stipule que « Le Liban est une Patrie souveraine, libre et indépendante, Patrie définitive pour tous ses fils, unitaire dans son territoire, son peuple et ses institutions, à l’intérieur de ses frontières fixées dans cette Constitution et reconnues internationalement. »
 
Au détour d’un paragraphe, Leila Barakat écrit : « quatorze ans après la guerre, certains parlent encore de fédération, d’autres de république islamique ». A la république islamique, on pourrait ajouter les craintes de certains ou le rejet d’autres de l’identité arabe du Liban solennellement affirmée aussi au Préambule de la Constitution. L’amalgame entre Islam et Arabité se faisant toujours très vite dans les esprits de plusieurs. Il est des mots qui gagnent a être clarifies, afin quils soient acceptes et integres plutôt qu’ils ne demeurent des talismans dans la langue de bois politique ou constitutionnelle.
 
 
Mais les mots ne suffisent pas à apaiser des craintes, vieilles de plusieurs décennies, voir de plusieurs siècles, qui peuvent mettre l’existence même de l’état en danger. On ne soulignera jamais assez combien la construction d’un état démocratique au Liban respectueux des droits de l’homme et des droits des minorités -- qui craindront toujours la loi du nombre -- , devient la seule réponse a cette envie, que je remarque hélas de plus en plus grandissante, qu’ont les plus marginalises, réprimes, ou les plus dégoûtes, de se replier sur des rêves de scission, de fédéralisme, ou d’union avec des entités plus grandes, arabes ou islamiques.
 
Vassalité ou souveraineté:
Au détour d’un autre paragraphe, Leila Barakat écrit : « Les Libanais ont sur leur terre une tradition de vassalité, non de souveraineté. Serions-nous donc un peuple constamment à la recherche d’un nouveau maître pour se faire mater ? ».
 
Cette phrase pourrait aisément faire écho aux réclamations du Patriarche Sfeir, de feu mon Oncle Albert, les miennes et celles de bien d’autres, qui oeuvrent pour la liberté, l’indépendance et la souveraineté du Liban. La souveraineté n’est pas un vain mot que l’on répète machinalement pour faire plaisir aux uns ou pour bisquer d’autres ; c’est une qualité fondatrice de l’Etat.
 
« Pris dans son acception précise, écrit carre de Malbert, le mot souveraineté désigne non pas une puissance, mais bien une qualité, une certaine façon d’être, un certain degré de la puissance. La souveraineté, c’est le caractère suprême d’un pouvoir : suprême, en ce que ce pouvoir n’en admet aucun autre, ni au-dessus de lui, ni en concurrence avec lui. »
 
L’indépendance et la souveraineté du Liban en ces termes la, ne sont pas non plus antinomiques avec d’excellentes relations avec la Syrie. Pas plus qu’ils ne sont antinomiques avec la coopération Arabe ou internationale. Certes, l’interdépendance des états, et les phénomènes lies a la mondialisation, donnent l’impression, comme le soutient certains, que les principes d’indépendance et de souveraineté sont des concepts relatifs, qui sont désormais battus en brèche. Il n’en est rien, car entre coopération et indépendance, il n’y a pas simplement différence de degré mais de nature.
 
 
Hommes d’Etat entre l’élite et la masse :
J’étais particulièrement sensible a la place que donne Leila Barakat au rôle des politiciens qu’elle qualifie d’Homme d’Etat, ainsi définis par Jacques Attali : « un homme politique représente ses électeurs … un homme d’état rêve d’un destin singulier pour son peuple, il sait le lui proposer et réussit a le convaincre qu’il est digne de ses efforts quand il transforme ses propres rêves en une aventure collective. »
 
Cette citation rappelle bien ce tiraillement de tout homme politique entre son devoir de représentation et celui de guide en quête de reforme. De même, elle rappelle cette opposition entre las avantages et les inconvénients réciproques de deux styles de gestion politique qui divisaient déjà Aristote et Platon : gouvernement du peuple ou gouvernement des sages.
 
Je crois que la démocratie et les hommes politiques, devront se contenter de cet équilibre, quelquefois instable, entre élitisme et populisme ; entre mesures qui plaisent et celles qui reforment et qui servent. Souvent, le politique devrait faire preuve de pédagogie et de courage pour amener les citoyens à le suivre, et surtout, développer la race des intellectuels actifs et engages.
 
Sur une note humoristique, j’aimerais vous raconter cette anecdote rapportée par Aurélien Scull : deux hommes politiques discutaient âprement devant témoins, quant l’un d’entre eux voulut rassurer celui dont les idées lui plaisaient : - tous les honnêtes gens seront pour vous, dit-il ; a cela l’autre répondit : « c’est bien ce que je crains, il y en a si peu » !
 
 
Entre réalisme et idéalisme, le pont de l’action citoyenne engagee :
Aucune construction de l’Etat démocratique, aucune action de reforme ne pourra se réaliser, si les citoyens n’y mettent pas de leur cœur et de leur temps et de leurs moyens ; ensemble entre eux dans des associations et des partis politiques, et ensembles avec des politiques et des membres des pouvoirs constitutionnels. Pour refléter cette idée, je dis que la politique est trop grave pour la laisser aux politiciens seuls.
 
Je déplore avec Leila Barakat « l’étiolement du militantisme » ; de même je déplore qu’elle ait appele a une nouvelle loi dite « moderne » des associations et des partis … que nenni !! Il faudrait s’accrocher a notre bonne vielle loi de 1909 (la cousine de la loi française de 1901) qui fait très bien l’affaire. Le problème du manque de culture de l’action collective et de cet étiolement du militantisme, se trouve ailleurs ; et c’est de même ailleurs qu’il faut en chercher le remède, pour aider le citoyen a passer du vouloir changer au savoir agir afin que le grand dessein le la construction de l’Etat démocratique puisse se réaliser.
 
Mais il faut aussi rappeler, que rien de grand ne se fait sans une part de rêve. Et pour souligner mes propos, je vous rappelle une citation que je fais toujours mienne, (et que l’auteur n’a pas insérée dans les pages de son essai) ; En Mai 68, Les étudiants écrivaient sur les murs de Paris : « soyons réalistes … exigeons l’impossible ! ».
 
Leila Barakat : merci de nous avoir fait rêver les choses sérieuses de l’Etat et de la démocratie au Liban.
 

Je puis vous assurer tous, que je suis et resterais toujours un militant actif pour que ce rêve se réalise.




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