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Lorsque pluralisme, démocratie et musique font bon ménage avec l’association LeBAM

 

Par Élie SALAMEH | L’orient Le Jour| lundi, août 5, 2013
La Lebanese Band Association for Music (LeBAM) a organisé vendredi dernier son premier concert de cet été à l’Université Notre-Dame de Louaïzé, où de jeunes étudiants entre 12 et 18 ans ont passé une semaine, dans le cadre d’un camp de musique organisé par l’association. Un deuxième concert a eu lieu samedi et un troisième hier soir dans le cadre du Festival de Beiteddine.
La LeBAM est une association fondée en 2008 par le député Ghassan Moukheiber, l’ancien député feu Ghassan Tuéni (qui en était le président d’honneur) et l’ancien directeur du Conservatoire national de musique, feu Walid Gholmiyeh. Son but est de faciliter l’apprentissage de la musique par les amateurs de nombreux genres et instruments, indépendamment de leurs moyens financiers. La LeBAM offre dans ce cadre un enseignement musical collectif, les étudiants apprenant en groupe selon une méthode pédagogique spécifique.
La première branche de cette association a été créée à Beit Méry. D’autres sections ont ensuite vu le jour à Baskinta, Jdeideh et au Chouf. Cette décentralisation a rendu nécessaire la création d’un comité dans chaque centre afin d’y assurer une gestion adéquate sur le double plan relationnel et économique en assurant le financement nécessaire à son activité.
M. Moukheiber, ravi d’accueillir dans son camp cette année de jeunes Irakiens, Palestiniens et Jordaniens, a expliqué que « la musique n’est pas uniquement une activité pour passer un bon moment ou pour générer des fonds, c’est surtout une école de citoyenneté, où on apprend collaboration, précision et respect de la différence ». Des professeurs de haut niveau et de diverses nationalités ont encadré les élèves durant une semaine sous la supervision du célèbre Gene Aitken. « On a obtenu des résultats extrêmement satisfaisants », a souligné sur ce plan le Dr Aitken.
Pour la LeBAM, la musique transcende les frontières géographiques et sociales. En effet, des militaires, musiciens dans l’armée libanaise, ont également participé à ce camp comme chaque année afin de partager avec la jeunesse leur savoir et compléter leur enseignement. Joseph Massoud, militaire et percussionniste qui participe au camp pour la troisième année consécutive, a expliqué que ce camp lui permet à la fois « d’aider ces jeunes musiciens à évoluer tout en profitant de l’expertise des professeurs présents ».
Parmi les instruments enseignés, on retrouve le cor d’harmonie, « la clarinette alto ou encore l’euphonium, qui sont plutôt rarement joués au Liban », rappelle Ghassan Moukheiber, qui s’investit davantage chaque jour pour trouver le financement nécessaire pour son projet. Il a mis l’accent sur le fait que « les moyens financiers restreints de certains de ces jeunes ne devraient sûrement pas les empêcher de jouer une musique de qualité », ajoutant que « la culture est en fin de compte le fondement de la démocratie ».
L’association insiste énormément sur l’aspect pédagogique de l’enseignement, qui est le premier enseignement collectif du genre au Liban et au Moyen-Orient. Malgré les frontières linguistiques qui séparent parfois les élèves et leurs professeurs, la musique leur permet de se comprendre mutuellement, tirant ainsi les meilleurs résultats possibles des cours qui ont lieu chaque jour entre 10h et 18h. C’est d’une formation culturelle et musicale extrêmement polyvalente que bénéficient ces jeunes qui ont l’occasion de se familiariser avec divers instruments avant de choisir le leur.
Le travail se fait en collaboration avec le Conservatoire national de musique qui soutient le projet en assurant certains instruments et professeurs qualifiés. « Notre collaboration avec la LeBAM nous est profitable à tous les deux. Nous avons constamment des échanges d’instruments et de professeurs, de manière à pouvoir assurer ce qu’il y a de mieux à nos étudiants », a affirmé le directeur du conservatoire, M. Hanna el-Amil.
Fadi Yarak, directeur général du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, a assisté vendredi au concert, se réjouissant de la performance des enfants. M. Yarak a mis l’accent sur la passion et la motivation qu’on retrouve chez les professeurs et chez les étudiants à la fois.
À la LeBAM, passion et pédagogie viennent compléter sérieux et professionnalisme pour le plus grand plaisir du corps étudiant, professoral et administratif de l’association. En effet, nourris par un amour pour la musique et la culture, c’est à Tripoli que Ghassan Moukheiber et son équipe espèrent bientôt inaugurer leur nouvelle branche. « Face à leurs armes, nous dresserons notre musique qui fait notre union et notre solidarité. Nous ne sommes pas tous pareils, c’est certain, mais nos différences sont notre plus grande richesse, il suffit de regarder notre orchestre », a relevé en guise de conclusion le député.



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